D’origine
grecque, le vocable « cathare » ( pur) désigne
les hérétiques dualistes qui se manifestèrent
en Occident dans la seconde moitié du XII siècle.
Le plus ancien document où il apparaît
est un acte de Nicolas, évêque de Cambrai (1164-1167),
qui enregistre la condamnation portée par les évêques
de Cologne, Trèves, Liège, entre 1151-1152 et 1156,
contre un clerc, Jonas, « convaincu de l’hérésie
des cathares ».
Dans ses sermons visant
les hérétiques rhénans (1136), Eckbert, abbé
de Schönau, leur reproche d’avoir « eux-mêmes assumé
cette appellation de purs » . A l ‘inverse, le théologien
Alain de Lille ironise sur l’étymologie latine du nom (catus,
chat) « parce qu’ils baisent le postérieur d’un
chat en qui leur apparaît Lucifer ». Ce sont les «
sectateurs du chat », les « chatistes, dirons-nous »,
commente de nos jours avec conviction un ingénieux polémiste.
L’Eglise médiévale les traite d’ariens, de manichéens,
sans pouvoir, à l’origine, définir leur doctrine.
Pour les cathares, le
problème crucial est celui du mal, qu’on trouve dans l’univers
rempli de créatures vaines et corruptibles, et qu’ils ne
peuvent imputer à Dieu. Leur foi repose sur la conviction
commune que ce monde visible et tout ce qu’il renferme est l’œuvre
du diable. Selon le traité de Bartholomé de Carcassonne,
« il y a un autre monde formé de créatures incorruptibles
et éternelles ». L’existence des deux royaumes leur
fait présumer l’existence de deux principes. Les uns, modérés,
proches du monothéisme, croient en un seul Dieu, bon, tout-puissant,
éternel, créateur des anges et des quatre éléments
qu’il a permis à Satan, ange rebelle, d’organiser. Les autres,
d’opinion radicale, croient en deux principes absolus, rivaux, le
bon et le mauvais, également créateurs et éternels.
Cette opposition de croyance, foncière à l’origine,
détermine dans le monde cathare trois ordres distincts :
modéré de Bulgarie, absolu de Dragovitza et nuancé
de Slavonie.
Texte extrait de L'encyclopaedia
Universalis - chapitre :"Cathares" édition: 1996
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